Une étude rétrospective menée par le Groupe de Recherche en Fertilité Humaine de l'université Toulouse III - Paul Sabatier démontre qu'un peu plus de la moitié des couples consultant pour une infécondité d’origine masculine réussit à avoir un enfant. Cependant, au-delà de 35 ans, l'âge de l'homme apparait comme un facteur de risque d'échec.
Contenu
La majorité des études évaluant les résultats d'assistance médicale à la procréation ont rapporté les taux de naissances chez les couples en tenant compte principalement de la composante féminine. La plupart des publications ne prennent pas en considération
l'impact réel de l'infertilité masculine sur la réalisation du projet parental, bien que
l'infécondité soit une notion de couple.
Par ailleurs la plupart des études publiées ont concerné le devenir des couples inscrits dans un programme de fécondation
in vitro et non pas des couples consultant, en amont, un centre d'infécondité.
L'étude réalisée ici a permis d'évaluer le taux de succès chez les
1735 couples ayant consulté pour une
infécondité principalement d'origine masculine, et qui ont été
suivis au Centre de stérilité masculine de Toulouse de 2000 à 2004.
Plus de 6 partenaires masculins sur 10 des couples concernés ont pu être contactés. Parmi eux,
56% sont devenus parents (60% en prenant en compte l'adoption), par :
- une grossesse naturelle dans 16% des cas ;
- un traitement médical ou chirurgical pour 8% des cas ;
- une assistance médicale à la procréation au centre de Toulouse pour 28% d'entre eux, et dans un autre centre pour les 4% restant.
Basé sur une hypothèse réaliste, le
taux cumulé de succès est estimé à 48 % chez l'ensemble des 1735 couples, après 9 ans.
L'étude souligne qu'il
atteint 64% pour les hommes et femmes de moins de 35 ans, contre
31 % chez les couples plus âgés.
Ces résultats sont
publiés dans la revue
Human Reproduction.
Ainsi,
l'âge de l'homme, supérieur à 35 ans, apparaît comme un facteur de risque prépondérant. Le
taux de succès n'est pas uniquement lié à l'âge de la femme.
Ces résultats devraient encourager les couples à devenir parents plus tôt, mais aussi à consulter si besoin un centre spécialisé plus tôt également.
Contact scientifique :
Louis Bujan et
Marie Walschaerts