La résistance du foie et du muscle squelettique à l’action de l’insuline est un phénomène précoce dans le développement du diabète de type 2 (caractérisé par un taux trop élevé de glucose dans le sang). Des chercheurs de l'Institut des Maladies Métaboliques et Cardiovasculaires
(Université Toulouse III - Paul Sabatier / Inserm), viennent de démontrer l'association entre la lipolyse (mobilisation des graisses
en réponse à un besoin d'énergie de l'organisme) et la sensibilité à l'insuline chez l'Homme.
Contenu
L'
insuline est une hormone qui contrôle le taux de glucose dans le sang en contrôlant sa production par le foie et son utilisation par le muscle.
Lorsque l'organisme a besoin d'énergie, en cas de jeûne ou d'exercice physique par exemple, les triglycérides stockés dans le tissu adipeux sont mobilisés sous la forme d'
acides gras grâce à la
lipolyse adipocytaire. Dans ce cas, les acides gras ont une
action favorable puisqu'ils fournissent de l'énergie.
Mais ces acides gras peuvent également avoir une
action délétère : quand ils sont présents en trop grande quantité, comme dans le cas de l'
obésité, ils se déposent au niveau des organes périphériques et perturbent l'action de l'insuline. D'autres lipides et des protéines produites par le tissu adipeux en excès sont également impliqués dans le développement de la
résistance à l'insuline.

En collaboration des équipes suédoises (Karolinska Institutet à Stockholm et Université de Lund), des équipes de l'
I2MC cherchent des moyens de traiter la résistance à l'insuline, une stratégie thérapeutique qui permettrait d'
éviter l'apparition du diabète chez les personnes obèses.
Dans cette étude
publiée dans la revue
Plos Biology, les chercheurs ont mis en évidence chez la souris que la
diminution de la lipolyse adipocytaire par modification génétique ou traitement pharmacologique améliore la sensibilité à l'insuline. L'exploration des mécanismes en jeu a montré que la diminution de la lipolyse provoque une réduction des flux d'acides gras dans l'organisme et s'accompagne d'une amélioration de l'action de l'insuline sur le métabolisme du glucose dans le foie et le muscle.
"Nous avons retrouvé les effets de la diminution de la lipolyse chez l'Homme en analysant les données de cohortes de personnes obèses pour lesquelles nous avons rapporté qu'une diminution de la lipolyse était associée à l'amélioration de la sensibilité à l'insuline. Ces résultats sont d'autant plus intéressants pour la mise en oeuvre d'une stratégie thérapeutique que l'inhibition de la lipolyse n'entraine pas de modification du poids corporel" explique le Pr. Langin responsable de ces travaux.

De façon inattendue, cette étude montre également, lors de la diminution de la lipolyse chez la souris,
l'activation d'une voie métabolique particulière (lipogenèse de novo) qui
permet la synthèse d'acides gras directement à partir du glucose. L'essai clinique réalisé a aussi démontré qu'un traitement chronique avec une molécule antilipolytique induit une augmentation de l'expression des gènes de la lipogenèse de novo dans l'adipocyte.
Les chercheurs s'attachent désormais à :
- identifier les médiateurs produits par la cellule adipeuse qui participent à l'amélioration de l'action de l'insuline ;
- démontrer l'intérêt de cette stratégie thérapeutique chez des patients obèses prédiabétiques.
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communiqué.
Contact scientifique :
Dominique Langin