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23 juin

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Au Sahel, la brousse tigrée victime de la baisse des précipitations

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Une équipe de l'Observatoire Midi-Pyrénées (OMP) comprenant des chercheurs des laboratoires Ecologie fonctionnelle et environnement (ECOLAB, CNRS, INP Toulouse, UT3 Paul Sabatier) et Géosciences environnement Toulouse (GET, CNRS, IRD, UT3 Paul Sabatier, CNES) a démontré le rôle majeur joué par la baisse des précipitations au nord-est du Mali pendant 3 décennies sur le dépérissement de la brousse tigrée, formation végétale boisée emblématique de la région sahélienne. Ces travaux ont été publié dans la revue Global Change Biology.


Le Sahel, vaste région semi-aride bordant la frange sud du Sahara, a connu depuis la fin des années 60 jusqu'au milieu des années 90, une baisse généralisée des précipitations, ponctuée par des années de grande sécheresse en 1972-73 et en 1983-84 qui ont eu des conséquences dramatiques sur l'environnement, les ressources végétales et animales, l'hydrologie et les populations. La remontée de la pluviosité à partir de 1995, bien que toujours déficitaire, a entrainé une amélioration générale du couvert végétal, détectée à l'échelle du Sahel par les satellites d'observation de la Terre et qualifiée de reverdissement du Sahel. Toutefois, ce phénomène affecte différemment les écosystèmes. Alors que certains sont apparus très résilients, capables de maintenir leurs fonctionnalités, comme les steppes et les savanes composées majoritairement de Poacées annuelles, d'autres comme les formations ligneuses de la brousse tigrée ont subi une importante dégradation, aboutissant parfois à leur complète disparition en moins de 50 ans.


Pour expliquer ce dépérissement spectaculaire par sa rapidité et son ampleur, les chercheurs ont combiné des observations par télédétection aéroportée et satellitaire sur plus de 60 années, à des mesures de terrain acquises depuis 1984 en partenariat au Mali avec l'Institut d'Economie Rurale (IER), le Centre International de Recherche sur l'Elevage (ILRI), la Faculté des Sciences de Bamako (FAST) et la Direction Nationale de la Météorologie. Depuis 2005, ce suivi est réalisé dans le cadre du Service National d'Observation AMMA-CATCH.



L'équipe a pu ainsi démontrer que le dépérissement des bandes boisées était la conséquence en premier lieu de la diminution des précipitations, et donc des apports d'eau ruisselée, de particules fines et de nutriments par les impluviums vers les fourrés où se produit l'infiltration. En parallèle, le dépérissement de ces bandes boisées s'est accompagné d'une transformation profonde de l'hydrologie de surface, passant d'un système à ruissellement en nappe à un système à ruissellement concentré, de plus en plus structuré et hiérarchisé, sous la forme d'un réseau de rus et de ravines dont l'eau exportée bénéficie de moins en moins aux fourrés survivants. Bien souvent, cette perte en eau du système liée au pouvoir érosif croissant du ruissellement, sans doute favorisée par l'intensification des pluies dans la région, accélère au contraire leur dépérissement. Ce basculement fonctionnel, probablement irréversible à court et moyen termes malgré la remontée de la pluviosité, a des répercussions importantes sur les ressources naturelles végétales et hydriques de la région.


L'étude a montré que la cause du dépérissement résultait principalement de facteurs climatiques alors que les activités humaines par défrichement, coupes de bois et pâturage sont souvent tenus pour responsables de la dégradation de la brousse tigrée.



Pour lire l'intégralité de cet article, voir le site de l'Institut des sciences de l'univers du CNRS.

Dates
le 16 février 2018

Date de mise à jour 16 février 2018


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