Contenu

Université de Toulouse Université Toulouse III - Paul Sabatier

Presse Annuaire Recherche avancée
20 oct.

Vous êtes ici : Accueil > La recherche

A la découverte des labos

Cancer du sein et obésité

Actualité

L’opération Octobre Rose attire chaque année l’attention sur le cancer du sein. La maladie est dépistée de plus en plus précocement et mieux soignée, mais elle atteint deux fois plus de patientes qu’il y a trente ans. L’épidémie mondiale d’obésité n’est pas étrangère à l’affaire, affirme Catherine Muller, professeure à l’université et chercheuse à l’Institut de Pharmacologie et Biologie Structurale (IPBS).

© Béatrice DIRAT

© Béatrice DIRAT

Vous avez étudié la manière dont les tumeurs tiraient profit des tissus graisseux environnants pour se développer. Quels sont les mécanismes en jeu ?
Nos recherches ont permis de mettre en évidence le fait qu’il existe un dialogue entre les cellules cancéreuses et le tissu graisseux situé à proximité, et que celui-ci favorise la croissance de la tumeur et sa capacité à métastaser, autrement dit, qu’il rend le cancer plus agressif. Certaines molécules sécrétées par le tissu graisseux, notamment l’interleukine 6, expliquent ce phénomène. De plus, les cellules tumorales utilisent les lipides des adipocytes environnants pour leur propre métabolisme. On pensait qu’elles se nourrissaient principalement de sucre, mais elles se développent aussi grâce à ces graisses, et nous avons montré en particulier la manière dont elles tirent parti des acides gras que libère le tissu adipeux qui les aide à la fois à grossir et à disséminer. Ces recherches ont fait l’objet de deux publications, en 2011 et 2013, dans la revue Cancer Research, et un troisième article va bientôt y être publié.

Les personnes obèses sont plus à risque de cancer que le reste de la population ?
Le cancer du sein est plus agressif chez les patientes obèses. Une étude américaine a montré que le risque de métastases de ce cancer est accru en moyenne de 50%, ce qui rend le pronostic plus sombre. Par ailleurs, les femmes obèses ont une probabilité plus forte que la moyenne de développer un cancer du sein après la ménopause, notamment en raison des œstrogènes que produit le tissu adipeux. L’obésité est donc un facteur de risque majeur, la situation des personnes en surpoids étant intermédiaire.

Que peut apporter à la médecine un tel constat ?
L’obésité atteint 15% de la population française et plus d’1/3 des habitants des Etats-Unis. La croissance du phénomène est très rapide et à échelle mondiale. Les conséquences sur la santé sont majeures. Des maladies comme le diabète ou les problèmes cardio-vasculaires sont dès à présent considérées comme des complications de l’obésité. Les recherches montrent désormais que de nombreux cancers comme celui du sein, mais aussi de l’utérus, de l’œsophage ou du colon sont également concernés. On estime qu’aux Etats-Unis, 20% des cancers seraient actuellement liés à l’obésité. C’est un problème de santé publique important, qui a jusqu’à présent été peu pris en compte sauf dans les pays d’Europe du Nord.

Que faire, à part mener des politiques publiques contre le surpoids ?
Des efforts sont indispensables pour mieux soigner les personnes obèses dont on sait qu’elles ne réagissent pas comme les autres aux chimiothérapies, y compris quand le dosage est adapté à leur poids. Il faut chercher de nouvelles stratégies de traitement, en essayant en particulier de trouver des moyens de limiter les échanges entre les cellules graisseuses et les cellules tumorales, échanges dont nous avons contribué à montrer l’importance.
 
  • Pour en savoir plus
Site internet de l’IPBS (Unité mixte de recherche CNRS / Université Toulouse III – Paul Sabatier)
Un article d’avril 2011 sur les travaux de recherches de Catherine Muller « Cellules graisseuses et cancer du sein : un mélange à risque »

Dates
le 21 octobre 2015

Date de mise à jour 25 janvier 2017


Recherche d'une actualité

Recherche d'une actualité

Université Toulouse III - Paul Sabatier - 118 route de Narbonne 31062 TOULOUSE CEDEX 9 téléphone +33 (0)5 61 55 66 11