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17 déc.

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Changement climatique et maîtrise de l’eau en milieu aride : impacts politiques et sanitaires d’une gestion inadaptée

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Les changements climatiques bouleversent les conditions socio-écologiques qui garantissent la santé humaine, notamment chez les populations les plus vulnérables, et ceci selon des processus extrêmement divers. A partir d’une étude menée dans l’ancienne cité biblique de Tel Dan au nord d’Israël publiée récemment dans Science Advance, des chercheurs du Laboratoire ECOLAB (CNRS/ Université Toulouse III - Paul Sabatier), du Laboratoire Chrono-Environnement (CNRS/Université de Franche-Comté) et du CEREGE (CNRS/Université Aix-Marseille), en collaboration avec The Nelson Glueck School of Biblical Archaeology (Israel) viennent de démontrer le mécanisme complexe par lequel le site, devenu périodiquement insalubre malgré la stabilité de la ressource en eau, assurée depuis des millénaires par les sources du Jourdain, est alors abandonné par ses habitants.

© The Nelson Glueck School of Biblical Archaeology, Hebrew Union College - Jewish Institute of Religion

© The Nelson Glueck School of Biblical Archaeology, Hebrew Union College - Jewish Institute of Religion

Pour les gouvernements et la communauté sanitaire internationale, ces expériences passées sont une source d’information importante. Cette connaissance pourrait permettre d’améliorer la gestion de la ressource en eau dans cette région pour préserver la santé globale.
 
La réserve naturelle de Tel Dan renferme l’une des sources les plus importantes du Jourdain et l’humidité permanente y favorise la présence d’une végétation dense et luxuriante. L’endroit constituait autrefois la limite nord du royaume d’Israël. On y a trouvé une stèle de basalte noir datant du IXe ou VIIIe siècle av. J.-C. contenant une inscription en araméen qui, pour certains archéologues, représente la première et seule identification du roi David sur un site archéologique à ce jour. L’étude des indicateurs biologiques et sédimentologiques conservés au sein d’une carotte sédimentaire prélevée dans le site et datée au Carbone14 a révélé l’existence de périodes sèches – 2150-1950 av. J.C., 1050-840 av. J.C. et 550-350 av. J.C. – pendant lesquelles les précipitations moins abondantes ont transformé partiellement ces riches territoires agricoles aux oliveraies prospères en marécages. Les archives archéologiques montrent que l’abandon des cultures et le développement des marais s’accompagnaient d’une chute des densités de peuplement. Pourquoi un tel déclin économique et social alors que, même en période de sécheresse, il y avait assez d’eau à Tel Dan pour satisfaire les besoins de la population et même ceux de l’irrigation grâce aux eaux du Jourdain ? S’appuyant sur des sources écrites et diverses données régionales, l’équipe franco-israélienne suggère que les peuples issus des marges steppiques et montagneuses, en quête d’eau et de nourriture, s’affrontaient violemment aux habitants de la cité, obligeant ces derniers à fuir à leur tour. L’affaiblissement d’un pouvoir central assez fort pour protéger et assurer la maintenance des systèmes de drainage et d’irrigation a alors contribué à l’extension des marais et au développement de la malaria.

La malaria s’est implantée durablement dans la région et faisait encore des ravages dans les communautés bédouines situées dans la vallée de la Hula (sud de Tel Dan) au XIXe et XXe siècles après J.C. La situation sanitaire était devenue si alarmante que les marais de la vallée furent drainés entre 1951 et 1958 pour éradiquer la maladie.

Cette région est donc un modèle pour comprendre l’évolution pluriséculaire des écosystèmes et des sociétés des zones marécageuses et de leurs marges arides dans un contexte de changement climatique. Il montre comment, au fil du temps, une ressource hydrique négligée et mal gérée peut devenir un catalyseur de développement pour des maladies transmises par l’eau, actuellement en plein développement comme la fièvre de la vallée du Rift en Afrique et dans la péninsule arabique.
 
Ce travail a été soutenu par l’Institut Universitaire de France, l’Université Toulouse III - Paul Sabatier, l’Hebrew Union College - Jewish Institute of Religion et par le projet A*MIDEX-GEOMED.

Pour lire l'intégralité de cet article, voir le site de l'institut écologie et environnement du CNRS.

Dates
le 1 décembre 2017

Date de mise à jour 1 décembre 2017


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