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23 oct.

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Comme un parfum de suricate

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Les bactéries sont partout : dans notre environnement, sur notre peau, et dans notre système digestif. Le rôle de ce microbiote dans l’écologie et l’évolution de l’hôte suscite un intérêt croissant, aidé par l’avènement des techniques de séquençage haut-débit. Parmi leurs divers rôles, nombre de bactéries peuvent produire des composés odorants, et pourraient donc ainsi jouer un rôle primordial dans la communication sociale des animaux. Des chercheurs du laboratoire Evolution & Diversité Biologique (EDB, CNRS / Université Toulouse III - Paul Sabatier / ENSFEA / IRD) de Toulouse et de l’université de Duke (Caroline du Nord, USA) ont étudié le lien entre les odeurs des suricates et leurs bactéries. Ces travaux publiés dans la revue Scientific Reports révèlent que les bactéries des sécrétions odorantes de la glande anale pourraient être responsables de la production d’odeurs, en particulier des signaux olfactifs permettant de reconnaître les membres du groupe social.

Suricates (Suricata suricatta) © Sarah Leclaire - EDB

Suricates (Suricata suricatta) © Sarah Leclaire - EDB

Les suricates sont des petites mangoustes sociales et territoriales vivant dans les régions subdésertiques du sud de l’Afrique. Afin de défendre leur territoire, les suricates en marquent régulièrement les limites avec les sécrétions de leur glande anale. Comme chez l’Homme, tous les suricates n’ont pas la même odeur, laquelle dépend du statut social, reproducteur ou encore diffère entre groupes. L’odeur ainsi déposée informe les potentiels rivaux sur l’identité et les caractéristiques de l’individu. Mais les individus ne passent pas leur vie entière dans un groupe social : les mâles, lorsqu’ils atteignent l’âge de deux ans, quittent leur groupe pour en former un nouveau. Différencier les membres de leur nouveau groupe des membres d’autres groupes étant crucial, les individus doivent donc pouvoir changer d’odeur ! Et pour cela, rien de mieux que de laisser faire les bactéries. En effet, elles sont très rapidement échangées entre individus, menant rapidement les différents individus d’un groupe à partager des ensembles de bactéries très similaires, comme il a été montré chez de nombreuses espèces dont l’Homme. Et surtout, les bactéries ne produisent pas toutes la même odeur, donc rien de tel que de changer de bactéries pour changer d’odeur !

Pour démontrer cette hypothèse, les chercheurs ont étudié simultanément les bactéries et l’odeur des suricates. Tout d’abord, avant d’utiliser les sécrétions de leur glande anale pour marquer leur territoire, les suricates stockent ces sécrétions temporairement dans une poche située au niveau de la région anale. Les chercheurs ont montré que les sécrétions, une fois stockées dans la poche anale, contenaient davantage de composés volatiles que les sécrétions contenues directement dans la glande. Ce premier résultat suggère que les composés chimiques de ces sécrétions sont dégradés dans cette poche, dégradation qui pourrait être entre autre d’origine bactérienne.
En utilisant des techniques de séquençage haut-débit afin d’identifier les bactéries présentes dans cette poche, ils ont identifié certaines bactéries capables de produire des composés odorants. Ces bactéries pourraient donc dégrader les composés des sécrétions produits par les suricates et ainsi produire des composés chimiques plus petits et plus volatiles, qui seraient responsables de l’odeur. Ensuite, les chercheurs ont montré que les individus d’un même groupe social et présentant des odeurs similaires partagent aussi des ensembles de bactéries proches. De plus, chez les mâles, plus les individus partagent des ensembles de bactéries proches, plus leur odeur est similaire.
Ces résultats laissent donc supposer que les communautés bactériennes pourraient en partie être responsables de la production des signaux olfactifs de l’hôte. Étant donné l’importance de la communication olfactive à travers le règne animal, l’altération des odeurs par le microbiote pourrait être une force qui façonne de nombreux comportements. Des travaux supplémentaires, tels que des approches expérimentales de cultures in vitro de bactéries, sont maintenant nécessaires pour identifier quelles bactéries sont responsables de la production d’odeur, et déterminer la part de l’odeur de l’hôte qui résulte de l’activité bactérienne.

Pour lire l'intégralité de cet article, voir le site de l'institut écologie et environnement du CNRS.

Dates
le 11 juillet 2017

Date de mise à jour 29 août 2017


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