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19 nov.

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Du mercure marin dans les lacs de montagne pyrénéens

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Le mercure marin ayant pour origine la nourriture utilisée en pisciculture peut se retrouver dans les lacs de haute montagne alevinés en truites élevées en plaine. C’est que vient de publier une équipe pluridisciplinaire toulousaine (CNRS-Université de Toulouse) associée à un biogéochimiste de l’IPREM (CNRS-Université de Pau) dans la revue Scientific Report. Ces résultats s’appuient sur des traceurs isotopiques qui ont permis de reconstruire l’histoire écologique individuelle de chaque truite ainsi que les processus ayant conduit à l’intégration du mercure dans leurs tissus.

Le mercure (Hg) est un contaminant prioritaire au niveau international, de par ses effets néfastes cardiovasculaires et neurotoxiques. Sous sa forme organique, le méthylmercure (MeHg), le mercure peut facilement se bioaccumuler et se bioamplifier, ce qui représente un risque important pour la santé humaine et environnementale. Des études antérieures ont montré que les oiseaux migrateurs et les poissons peuvent transférer des contaminants, comme le mercure, d'un écosystème à un autre, mais peu d'études ont examiné le lien entre les fermes piscicoles et la pollution par les métaux lourds. Ceci malgré le fait que l'introduction de poissons d'élevage dans les eaux naturelles est une activité géographiquement et historiquement globale. Par exemple, le taux d'introduction de poissons non indigènes a plus que doublé au cours des dernières décennies, entraînant des effets néfastes sur les écosystèmes aquatiques d'eau douce naturels, en particulier dans les lacs de haute montagne.
 
Sophia V. Hansson et ses collègues du CNRS, de l'Université de Toulouse et de l'Université de Pau ont découvert qu'une partie du mercure présent dans les truites capturées dans trois lacs des Pyrénées françaises provient en réalité de l'océan. Ce mercure marin est intégré par les truites via les granulés fournis aux alevins dans les fermes piscicoles. Les alevins sont transportés en altitude pour empoissonner les lacs de montagne et apportent ainsi avec eux le mercure d’origine marine. Ces découvertes ont été rendues possibles grâce à une combinaison de traceurs isotopiques et de techniques de pointe : 1) l'historique individuel de chaque truite a été déterminé en fonction des isotopes du strontium (Sr) mesurés dans les otolithes du poisson ; 2) la place dans la chaîne alimentaire de chaque truite a été établi à partir des isotopes de l'azote ; et 3) les teneurs et l'origine du mercure ont été établies sur la base des mesures des concentrations et des isotopes de mercure dans les muscles de la truite. Bien que la quantité introduite via les poissons d'élevage soit relativement faible, la majorité de ce mercure est sous forme de méthylmercure (MeHg) qui est directement biodisponible pour les prédateurs à des niveaux plus élevés dans la chaîne alimentaire. La persistance de cette signature en mercure marin, jusqu'à cinq ans après son introduction, souligne l'importance de poursuivre les recherches sur l'introduction des poissons comme source potentielle de méthylmercure dans les écosystèmes d'eau douce. Ces résultats pourraient potentiellement influencer les calculs globaux de masse des budgets de Hg. En effet, l’étude montre que le stockage de poissons d'élevage dans des écosystèmes d'eau douce transporte potentiellement jusqu'à une tonne de MeHg marin par an vers les zones continentales. Ce point souligne la nécessité de poursuivre les recherches sur les activités piscicoles et leurs impacts collatéraux sur l’environnement.
 
Ce projet était soutenu par une bourse Axa Research Fund octroyée à Sophia Hansson et par le programme Prestige/Campus France, cofinancé par le programme européen Marie Curie. Il était également soutenu par l' Observatoire Midi-Pyrénées, l'ANR JCJC TRAM et le le Labex DRIIHM -OHM Haut-Vicdessos.

Pour lire l'intégralité de cet article, voir le site de l'institut écologie et environnement du CNRS.

Dates
le 27 octobre 2017

Date de mise à jour 27 octobre 2017


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