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A la découverte des labos

Le virus Zika transmissible par voie sexuelle

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On savait ce virus transmissible par piqûre de moustique. La revue Lancet Infectious Diseases a publié début mars les résultats des travaux d’une équipe toulousaine montrant de fortes concentrations de virus infectieux dans le sperme des hommes atteints, ce qui confirme le risque d’une transmission par voie sexuelle. Cette infection pourrait ainsi se développer sur des territoires non infestés par les moustiques.

Interview de Jacques Izopet et Pierre Delobel, respectivement chefs des services de virologie et des maladies infectieuses à l’hôpital Purpan et tous deux chercheurs au Centre de Physiopathologie de Toulouse Purpan (CPTP), co-auteurs de l’article du Lancet.

Comment avez-vous mis en évidence les possibilités de contamination par voie sexuelle ?

Depuis plusieurs semaines, face au développement de l’épidémie en Amérique Latine et aux Antilles, on soupçonnait de plus en plus la possibilité de ce type de contamination. Nous avons contribué à le confirmer, en mettant en évidence une très forte concentration de virus infectieux dans des échantillons de sperme collectés auprès de personnes atteintes. Ce risque va forcément avoir des implications en termes de santé publique. On incitait les femmes enceintes qui se rendaient dans les zones où sévit l’épidémie à se protéger des piqûres de moustique, il va falloir aussi qu’elles prennent garde pendant leurs grossesses aux relations sexuelles avec des personnes potentiellement atteintes, sachant que la majorité de ces personnes ne présentent pas de symptômes et que les prises de sang ne permettent pas de se rendre compte du danger, le virus pouvant persister dans le sperme alors qu’il n’est plus détectable depuis deux mois dans le sang.

La maladie pourrait donc s’étendre sur des territoires non infestés par les moustiques. Quels sont les risques ?

80 % des personnes touchées par le virus Zika ne développent aucun symptôme. Les autres ont en général de la fièvre, des courbatures, une éruption cutanée. Des symptômes sans grande gravité qui peuvent être facilement combattus. Ce qui pose problème, ce sont les complications, qui touchent aussi bien les patients ayant des symptômes que ceux qui n’en présentent pas.
Un petit nombre, probablement inférieur à 1% des patients, développe un syndrome de Guillain Barré, une inflammation des nerfs qui provoque des paralysies transitoires avec une nécessité de prise en charge médicale lourde et coûteuse et des risques de séquelles voire de décès.
Si la maladie atteint des femmes enceintes, le risque de malformation des fœtus, est par ailleurs très élevé. Une étude vient d’être publiée par une équipe brésilienne. 88 femmes enceintes ont été examinées dans un hôpital. 20% n’étaient pas contaminées par le virus Zika et leurs fœtus étaient tous normaux à l’échographie. 80% d’entre elles en revanche étaient contaminées et dans ce cas 30% des fœtus présentaient des malformations.

Comment combattre l’épidémie ?

L’objectif prioritaire est de développer un vaccin comme on l’a fait dans le passé pour la rubéole qui provoquait également des malformations graves des enfants à naître lorsque la mère était contaminée pendant la grossesse. On espère qu’un tel vaccin sera développé d’ici deux ans.
En attendant, plusieurs éléments sont potentiellement inquiétants pour nos régions. Pour l’instant les quelques personnes affectées par le virus que nous avons reçues à l’hôpital de Toulouse revenaient toutes des régions où sévit l’épidémie, en particulier de Guyane et des Antilles, mais on peut craindre que ces personnes infectées transmettent leur maladie autour d’elles et qu’une épidémie locale se développe. On l’a vu, la contamination par voie sexuelle est possible. Par ailleurs, le moustique tigre, de plus en plus présent en Europe du sud, transmet le virus Zika comme il transmet le chikungunya ou la dengue. C’est pour ces raisons qu’une alerte sanitaire de portée internationale a été déclarée.


  • Pour aller plus loin :
Le site internet du CPTP (unité mixte de recherche Inserm / CNRS / UT3 Paul Sabatier)
L’article du Lancet Infectious Diseases
Le service des maladies infectieuses du Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse Purpan


 

Dates
le 31 mars 2016

Date de mise à jour 25 janvier 2017


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