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23 juin

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Les plus vulnérables n’utilisent pas les urgences de façon moins appropriée que les autres

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Si les services d'urgences sont davantage fréquentés par les personnes défavorisées que par les plus aisées, les motifs de consultation sont aussi souvent légitimes dans les deux groupes. C’est ce qu’indique une étude conduite par une équipe du Laboratoire Epidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps (LEASP - Inserm / UT3 Paul Sabatier) qui interroge sur les raisons de ce recours accru pour certains.

Les personnes défavorisées ont davantage recours aux urgences que les individus plus aisés, mais pas plus souvent pour des motifs inappropriés. C’est ce que montre une étude menée d’après des données de la région Midi-Pyrénées. Cette dernière s’est en effet dotée d’un observatoire régional des urgences dès 2002, pour mieux connaître la fréquentation et l’organisation de l’ensemble des services d’urgences en établissements publics et privés.

Les auteurs de cette étude ont eu accès à l’ensemble des visites en 2012 (496 388 passages), à la durée de celles-ci, au motif ou encore à la sévérité des cas. Pour chaque dossier, ils ont utilisé l’adresse du patient pour estimer sa position socio-économique. Les chercheurs se sont appuyés sur des données de l’Insee affectées à des zones géographiques regroupant aux maximum 2 000 habitants, pour construire un indice de "défavorisation" à partir de la fréquence de parents isolés, de domiciles surpeuplés, de privation d’électricité, d’absence de voiture, de chômage, de niveau d’éducation ou encore de personnes étrangères dans cette zone.

Après avoir réparti l’ensemble des patients dans cinq groupes selon leur niveau socio-économique estimé, les chercheurs ont constaté que le nombre de visites aux urgences était inversement proportionnel à celui-ci. Autrement dit, plus les personnes sont défavorisées, plus elles vont aux urgences. Leur fréquence de visite était pratiquement multipliée par deux par rapport à celle des personnes du groupe le plus aisé (environ un passage par an pour trois personnes défavorisées, contre un pour six dans le second groupe). Et si 13,7% des motifs de consultation étaient considérés comme non sévères dans ce dernier groupe, cette proportion était de 14,7% dans le groupe défavorisé : une différence très faible au regard de la taille de l’échantillon.

Ainsi, cette étude indique que les plus vulnérables n’utilisent pas les urgences de façon moins appropriée que les autres, comme de précédentes données pouvaient le laisser entendre.
 
  • Un moins bon état de santé et des problèmes différés

Cette différence de fréquentation s’expliquerait davantage par deux autres facteurs : "L’état de santé des personnes de position socio-économique défavorisée est globalement moins bon, avec des pathologies aiguës et chroniques plus fréquentes et parfois moins bien suivies, conduisant plus souvent à des complications. L’autre facteur est l’utilisation différente de l’offre de soins selon la position socio-économique, avec des problèmes de santé relevant des soins primaires de ville mais qui sont différés et se reportent donc probablement vers les services d’urgences à un stade plus tardif donc plus sévère", explique Hélène Colineaux, premier auteur de ces travaux.

Une étude réalisée en 2012 dans la même région Midi-Pyrénées montrait que la consommation de soins (consultation d’un médecin généraliste ou d’un gynécologue au moins une fois dans l’année, soins dentaires, remboursement de frais d’optique et recours à la mammographie et au frottis) diminuait en cas de désavantage socio-économique, tel un véritable gradient social. La contribution des différentes raisons de ces déficits de soins et des délais de consultation chez ces personnes reste à clarifier : manque de moyens, de temps, la distance, la culture, etc.

En attendant d’en savoir plus, les auteurs ont calculé que si tous les individus passaient dans la catégorie socio-économique supérieure de leur étude, les services d’urgence seraient allégés de 23,7% des visites annuelles…

Pour lire l'intégralité de cet article, voir le site de l'Inserm.

Dates
le 8 mars 2018

Date de mise à jour 8 mars 2018


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