Contenu

Université de Toulouse Université Toulouse III - Paul Sabatier

Presse Annuaire Recherche avancée
19 oct.

Vous êtes ici : Accueil > La recherche

A la découverte des labos

Lumineuses poussières d'étoiles

Actualité

Le ballon a le diamètre d’un terrain de football. Lors de sa première envolée, le 21 septembre, il a propulsé une nacelle pesant rien de moins qu’une tonne, remplie d’instruments de mesure, au-dessus du grand nord canadien, à 40 km de hauteur, aux confins de l’atmosphère. Objectif du projet : étudier les lumières émises par les poussières d’étoiles, traces étincelantes des champs magnétiques qui animent les cœurs froids et gazeux des galaxies, donnant naissance chaque jour à de nouvelles étoiles…

© IRAP/C. Marty, 2015

© IRAP/C. Marty, 2015

« La présence de champs magnétiques puissants au cœur des galaxies a pour effet d'aligner les grains de poussière interstellaire, et donc de polariser les lumières émises par ces poussières. Etudier ces lumières peut ainsi nous permettre de repérer les champs magnétiques dans notre galaxie et, pour la première fois avec ce projet, au sein d’autres galaxies », explique Annie Hughes, chercheuse à l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP).

Etudier ces lumières ?
Lorsqu’on parvient à s’extraire de l’atmosphère terrestre qui perturbe les mesures, soit en utilisant un satellite, soit comme ici, en prenant de la hauteur de manière économe grâce à un ballon, ces poussières d’étoiles, invisibles à l’œil nu, apparaissent comme extrêmement brillantes à qui se munit de caméras infra-rouge. 

« Ces poussières sont chauffées par les étoiles et c’est pour cela qu’elles émettent en permanence des infra-rouges, même si elles flottent dans des zones où la température ne dépasse pas les -200°C. Nous avons une idée assez précise de leur aspect. Elles ont l’apparence de minuscules grains de riz. Elles sont légères comme de la suie, formées de carbone et de silicate, très sensibles aux champs magnétiques. On estime qu’elles forment 1% de la masse gazeuse au sein des galaxies », précise Annie Hughes.

Usines à étoiles
Pourquoi vouloir ainsi observer ces lumières invisibles à des milliards de km ? « Elles témoignent des champs magnétiques. Or les interactions entre ces champs magnétiques et les gaz froids qui circulent au cœur des galaxies sont à l’origine de la production de nouvelles étoiles. Nous cherchons à mieux comprendre comment fonctionne ce processus », explique la jeune chercheuse.

L’étude du comportement des poussières d’étoile aide également les scientifiques à estimer le poids des galaxies et  apporte des informations sur un sujet qui, depuis des siècles, passionne au plus haut point les hommes : les conditions dans lesquelles l’univers s’est créé, ce qu’on appelle aujourd’hui le « big bang »…

L’équipe de recherche internationale qui se consacre à ce projet baptisé « Pilot » associe depuis dix ans une trentaine de chercheurs, scientifiques toulousains de l’IRAP et du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), associés à des chercheurs de l’Institut d’Astrophysique Spatiale (IAS) à Paris, du Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives (CEA), de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et des universités de la Sapienza en Italie et de Cardiff au Royaume-Uni.
 
 
  • Pour en savoir plus
Site internet de l’IRAP (Unité mixte de recherche OMP – Université Toulouse III – Paul Sabatier / CNRS)
Site internet dédié au projet Pilot

Dates
le 21 octobre 2015

Date de mise à jour 25 janvier 2017


Recherche d'une actualité

Recherche d'une actualité

Université Toulouse III - Paul Sabatier - 118 route de Narbonne 31062 TOULOUSE CEDEX 9 téléphone +33 (0)5 61 55 66 11