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19 oct.

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A la découverte des labos

Lutter contre la maladie de Parkinson

Actualité

On parvient aujourd’hui à atténuer les symptômes de la maladie de Parkinson mais pas à bloquer le processus dégénératif à son origine. Démontrer l’efficacité d’un médicament ralentissant la mort prématurée de certains neurones cérébraux, tel est l’enjeu d’un essai thérapeutique à grande échelle qui vient de démarrer dans le cadre du programme F-CRIN « French Clinical Research Infrastructure Network » piloté depuis Toulouse. Interview d’Olivier Rascol, expert européen de la maladie de Parkinson et coordinateur de cette plateforme nationale de recherche clinique à laquelle l’université Toulouse III - Paul Sabatier est associée.

Qu’espérez-vous de ces essais cliniques ?

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurologique la plus fréquente après la maladie d'Alzheimer. Elle atteint, rien qu’en France, près de 200 000 personnes avec 25 000 nouveaux cas par an. L’enjeu est donc considérable. Actuellement, on traite les patients avec des médicaments dopaminergiques car la maladie détruit progressivement une structure de la taille d'une lentille située à la base de leur cerveau, la substance noire, qui produit la dopamine nécessaire au bon fonctionnement cérébral. Il s’agit aujourd’hui de ne plus seulement compenser le manque de dopamine pour masquer les symptômes de la maladie comme on l’a fait jusqu’ici, mais de tenter de combattre directement la dégénérescence des neurones. 

Nous explorons une voie ouverte par un chercheur lillois, David Devos, membre du réseau Neurosciences-Parkinson que je coordonne depuis Toulouse. L’équipe de David Devos a montré le rôle du fer dans les mécanismes « oxydatifs » impliqués dans la dégénérescence des neurones. Un médicament capable de capter le fer devrait permettre de diminuer ce stress oxydatif et ralentir ainsi l’évolution du processus. Le fait est établi sur des modèles animaux. Nous testons maintenant l’hypothèse chez des patients parkinsoniens en leur administrant pendant un an un tel médicament.

Cet essai clinique sera mené en parallèle dans 40 hôpitaux situés dans 8 pays européens. Comment piloter des essais de telle envergure ?

La France est en pointe en ce qui concerne la lutte contre la maladie de Parkinson mais ces essais thérapeutiques menés à grande échelle nécessitent des compétences multiples et des fonds importants. Il faut en particulier recruter plusieurs centaines de patients en tout début de maladie et ne recevant donc pas encore de traitements dopaminergiques car les effets de ces derniers compromettraient l’interprétation des résultats.

Le projet  a pu être mis en place grâce au soutien d’une plateforme nationale créée en 2011 dans le cadre du programme Investissement d’Avenir, la plateforme F-CRIN, que je coordonne et dont la mission est de dynamiser les essais cliniques d’origine française. Grâce à son appui, l’équipe hospitalo-universitaire lilloise a candidaté à un appel d’offre de l’Union Européenne et obtenu le financement nécessaire à la conduite de cet essai (10M€). Des structures telles que F-CRIN et le réseau NS-Park jouent un rôle déterminant pour réunir les expertises nécessaires et assurer le lien entre les acteurs.

Que peuvent attendre les personnes actuellement malades de ces recherches ?

Il s’agit d’un enjeu thérapeutique majeur, car aucun médicament n’a jusqu’à présent démontré de façon définitive sa capacité à freiner l’aggravation de la maladie de Parkinson. L’échéance ne sera cependant pas immédiate, même dans le cas de figure le plus optimiste. Entre l’émergence d’une nouvelle hypothèse thérapeutique et l’autorisation de mise sur le marché du médicament résultant  de cette hypothèse, il s’écoule en moyenne 15 ans.

Nous sommes à peu près à mi-chemin concernant le projet dont nous parlons. L’essai clinique qui démarre va durer plusieurs années. Il faudra ensuite analyser les résultats pour confirmer (ou infirmer) le fait que le médicament testé a produit l’effet escompté. Si cette molécule démontre un rapport bénéfice/risque positif chez les parkinsoniens, cette découverte ouvrira alors la voie à sa commercialisation pour traiter cette maladie, et ultérieurement probablement au développement de nouveaux complexes du fer plus efficaces et plus sûrs.

 
  • Pour aller plus loin
Le site internet F-CRIN (unité mixte de service Inserm / CHU de Toulouse / Université Toulouse III – Paul Sabatier)
Le magazine F-CRIN NEWS "F-CRIN au Coeur de l'excellence européenne"
Présentation scientifique de l’essai thérapeutique Fair Park 2
Présentation du réseau Neurosciences Parkinson NSPark/F-CRIN
Olivier Rascol, prix 2013 de la Fondation pour la Recherche Médicale
 

Dates
le 20 avril 2016

Date de mise à jour 25 janvier 2017


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