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20 nov.

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A la découverte des labos

Mieux lutter contre la tuberculose

Actualité

Olivier Neyrolles, chercheur à l’Institut de Pharmacologie et Biologie Structurale, a contribué avec son équipe à une meilleure compréhension des mécanismes de l’infection tuberculeuse. Ces travaux sur les réactions du système immunitaire face au bacille de Koch devraient permettre d’agir plus efficacement contre cette maladie qui provoque près de deux millions de décès par an. Olivier Neyrolles a reçu pour ses travaux le Junior Award 2016 Sanofi-Institut Pasteur.

La tuberculose n’a jamais disparu totalement de la surface du globe. On en parle peu en France mais on compte chaque année dix millions de nouveaux cas dans le monde et, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’affection cause près de deux millions de morts par an. C’est à ce jour la première cause de décès par infection dans le monde. Les pays développés ne sont pas totalement épargnés. En France, on a assisté à une résurgence de la maladie dans les milieux défavorisés à la suite de la crise économique de 2008. Parmi les migrants qui arrivent des zones en guerre se trouvent également des personnes infectées.

Une situation d’autant plus inquiétante que certaines souches du bacille sont devenues résistantes aux antibiotiques. Le BCG ? Il protège efficacement les enfants contre les formes infantiles de la maladie mais, on le sait peu, beaucoup moins bien les adultes contre la tuberculose pulmonaire, contagieuse. On comprend donc l’enjeu sanitaire majeur que représentent aujourd’hui les recherches à ce sujet.
 
  • Facteurs de virulence

L’objectif d’Olivier Neyrolles et son équipe : mieux comprendre les facteurs de virulence de ce microbe très particulier qui peut rester dormant pendant des dizaines d’années au sein des cellules humaines avant de se réactiver.

« Nous avons notamment identifié des molécules à la surface du bacille qui lui permettent de capturer des acides aminés au sein des cellules immunitaires infectées et donc de se développer grâce à l’azote ainsi récupéré. En ciblant ces molécules, on empêche le bacille pour ainsi dire de se nourrir et on diminue donc sensiblement sa virulence »
, explique Olivier Neyrolles. Ces travaux ont permis de trouver une voie nouvelle pour produire des bacilles atténués, afin de concevoir des vaccins de nouvelle génération, actuellement en phase de test préclinique.

Seconde avancée : le chercheur et son équipe ont identifié sur les cellules immunitaires humaines des récepteurs capables de reconnaître certains sucres à la surface du bacille et de le capturer. La présence de ces récepteurs signale l’infection. Il est également possible de les cibler pour modifier leur action.
 
  • Booster le système immunitaire

Le chercheur s’est intéressé de manière générale à la façon d’aider le système immunitaire de l’homme à réagir plus vigoureusement à l’infection. « Les cellules immunitaires, lorsqu’elles phagocytent un microbe, essaient de l’intoxiquer en libérant des métaux, notamment du zinc. Nous avons réussi par exemple à montrer par quels mécanismes le bacille de Koch parvenait à résister à cette intoxication », dit-il.

Ces travaux ont fait l’objet de publications prestigieuses entre autres en 2016 dans la revue Nature Chemical Biology et en 2017 dans la revue PNAS.

Ils aboutissent à l’identification de cibles thérapeutiques nouvelles. « Une piste est d’affaiblir le bacille en l’empêchant d’éliminer l’excès de zinc produit par le système immunitaire », précise Oliviers Neyrolles.
 
  • Pour aller plus loin
Le site de l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale (IPBS – CNRS / UT3 Paul Sabatier)
Portrait vidéo d’Olivier Neyrolles
Présentation du prix Sanofi-Institut Pasteur 2016
DCIR : une molécule qui régule l’immunité contre la tuberculose

Dates
le 23 mars 2017

Date de mise à jour 2 novembre 2017


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