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22 oct.

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A la découverte des labos

Optimiser les ressources

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Alexis Valentin, professeur de parasitologie et praticien hospitalier, a été réélu vice-président en charge de la recherche de Toulouse III - Paul Sabatier. Dans un contexte budgétaire contraint et au moment où on assigne à l’université de plus en plus de missions, quels sont les objectifs de l’établissement en matière de recherche dans les cinq ans qui viennent ? Quelles marges de manœuvre ? Quelles priorités ? Interview.

Alexis Valentin, vice-président recherche

Alexis Valentin, vice-président recherche

L’université Toulouse III - Paul Sabatier abrite 69 structures de recherche différentes, des maths à la médecine en passant par l’ingénierie, la biologie,… De quels moyens l’institution dispose-t-elle pour piloter un ensemble aussi conséquent?

Pour fonctionner, c’est-à-dire acquérir le matériel nécessaire aux expériences, rétribuer des doctorants et des assistants de recherche en plus des chercheurs titulaires, les laboratoires ont des sources de financement multiples. Ils reçoivent chaque année des fonds de leurs organismes de tutelle, l’université mais aussi le CNRS, l’Inserm, l’IRD, l’Inra ou le CNES. Ils postulent à des appels d’offre lancés par l’Europe, la France et la région, qui attribuent des enveloppes pour des projets développés en quelques années sur des thématiques considérées comme prioritaires. Les laboratoires nouent également de plus en plus de partenariats de recherche avec des entreprises. Pour avoir une idée de l’influence spécifique de l’université sur l’activité des laboratoires, il faut savoir que nous contribuons actuellement à hauteur de 15 à 20% en moyenne à leurs budgets de fonctionnement, avec des sommes par chercheur qui diminuent en valeur absolue depuis dix ans.

Comment l’université peut-elle mener une politique autonome dans un tel contexte?

Les moyens sont attribués aux laboratoires en fonction d’abord de leur nombre d’enseignants-chercheurs titulaires et de leur champ disciplinaire, les moyens nécessaires n’étant pas les mêmes en mathématiques pures et en médecine par exemple. Mais nous nous sommes également fixé des priorités politiques. Nous apportons un soutien administratif aux chercheurs pour améliorer leurs chances de succès aux appels d’offres européens et nationaux et leur éviter d’y consacrer trop de temps. Nous envisageons de fournir une aide sélective aux projets de recherche fondamentale que nous estimons trop négligés par ces appels d’offre. Nous contribuons également aux projets à l’interface entre plusieurs disciplines qui sont particulièrement porteurs dans le contexte actuel. Nous intervenons aussi pour améliorer globalement l’attractivité internationale de l’université, en facilitant l’accueil des chercheurs en visite, en soutenant les réseaux de recherche internationaux existants,… Enfin, l’université joue un rôle majeur pour former au sein de ses cursus de futurs jeunes chercheurs de haut niveau, les doctorants, sans qui les laboratoires ne pourraient pas fonctionner.

Votre second mandat marque-t-il une rupture par rapport au précédent ?

Suite à l’analyse de l’activité de l’université menée par le Haut Conseil de l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES), un travail de restructuration a été entrepris au cours du précédent mandat pour supprimer des laboratoires de trop petite taille en procédant à des regroupements. Il s’agissait, notamment dans le secteur des sciences de la vie, d’optimiser les ressources. Les champs disciplinaires très nombreux ont par ailleurs été regroupés en cinq grandes thématiques¹, afin de faciliter l’action de l’université, notamment l’attribution des moyens et la gestion des ressources humaines qui sont dorénavant pilotées par cinq comités responsables de chacune de ces thématiques. Cette structuration par pôle a été reprise au niveau de  l’université fédérale de Toulouse. Si l’Etat accepte de renouveler l’enveloppe attribuée à l’université fédérale au titre des Initiatives d’Excellence, les interactions entre les établissements toulousains vont continuer à se développer, permettant un développement bienvenu des travaux à l’interface entre différentes disciplines.

Quels sont pour vous les projets de moyen terme prioritaires ?

L'Institut Universitaire du Cancer de Toulouse - Oncopole qui s’est développé sur le campus de Langlade regroupe aujourd’hui une clinique du cancer originale, un centre de recherche dédié, un institut qui soutient le développement de projets applicatifs innovants. Un centre de recherche sur les cellules souches va ouvrir en 2018. Je souhaiterais que les formations et les recherches en biologie fondamentale puissent rejoindre à terme ce campus. L’une de nos originalités au niveau national, le regroupement des sciences fondamentales, de l’ingénierie et de la santé au sein d’une même université devrait nous permettre de générer, aux interfaces de ces trois domaines, de réelles percées novatrices.
Le rayonnement international de l’université en matière de sciences fondamentales doit aussi être globalement soutenu. Ces recherches, menées sans perspective immédiate d’application, permettent d’accroître le niveau de connaissances général de l’humanité. Les politiques actuelles tendent à dévaloriser ce type de travaux. Or, ils constituent la noblesse de notre métier. On ne peut pas savoir à l’avance quelles recherches vont aboutir à des innovations radicales capables de transformer nos vies.

 
¹ Les cinq grandes thématiques sont:
  • Science de la Matière (SdM)
  • Mathématiques, Sciences et Technologies de l'Information et de l'Ingénierie (MST2I)
  • Univers, Planète, Espace, Environnement (UPEE)
  • Biologie, Agronomie, Biotechnologie, Santé (BABS)
  • ACTivités Humaines & Sociales (ACTIHS)

Dates
le 31 mars 2016

Date de mise à jour 25 janvier 2017


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