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24 nov.

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A la découverte des labos

Pas de résidu de solvant pétrolier dans les compresses chirurgicales

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Beaucoup de procédés de fabrication impliquent un recours à des solvants dérivés du pétrole en principe éliminés lors des étapes de nettoyage et de purification du produit fini. Mais personne n’apprécie de consommer des produits alimentaires qui ont subi de tels traitements. L’inquiétude grandit quand on évoque des produits sensibles comme les compresses chirurgicales qui se résorbent ensuite dans l’organisme ! Pour éliminer les risques, Jean-Stéphane Condoret et son équipe du Laboratoire de Génie Chimique (LGC) ont conçu et breveté un procédé où du gaz carbonique sous pression remplace les solvants chimiques. Medtronic, une multinationale américaine, vient de se lancer dans la production à grande échelle de compresses ainsi garanties sans résidu de solvant.

« Pour fabriquer des compresses chirurgicales, il faut partir de rouleaux de tissus en cellulose pure et les oxyder partiellement en les trempant dans un solvant dans lequel sont diluées des molécules oxydantes. Les compresses deviennent alors hémostatiques et capables de se résorber dans l’organisme », explique Jean-Stéphane Condoret. Mais quel solvant utiliser ? Johnson et Johnson, le leader mondial du domaine, se sert de solvants chimiques d’origine pétrolière. Depuis cette année, il est concurrencé par Medtronic, autre géant du secteur (140 000 salariés), qui a choisi de recourir au CO2 sous pression, en utilisant un brevet déposé par le CNRS voici dix ans grâce aux travaux du chercheur et de son équipe.

« Le CO2, lorsqu’on le met sous forte pression à une température supérieure à 31°C, se trouve dans un état très spécifique qu’on appelle supercritique où il peut jouer le rôle de solvant, à la fois propre et sans danger. Nous avons montré qu’en l’utilisant, le traitement des fibres de cellulose est également plus homogène ce qui assure une qualité supérieure des compresses »
, explique le chercheur.

Le LGC avait développé au départ le procédé avec une PME française, Sofradim, rachetée ensuite par Medtronic. « Le marché potentiel visé par la firme est considérable, de plusieurs centaines de millions de dollars par an. 3 à 4% de ce chiffre d’affaires sera versé au CNRS qui a déposé le brevet pour notre procédé. Une partie devrait revenir ensuite au laboratoire », observe Jean-Stéphane Condoret.

Il promeut aujourd’hui l’utilisation du CO2 supercritique pour rendre plus « propres » d’autres procédés de fabrication. « Nous travaillons par exemple avec une PME de Montauban sous-traitante de grandes marques de cosmétique. Le fait de pouvoir annoncer que les crèmes de beauté contenant des actifs issus des produits de la vigne n’ont pas été en contact avec des solvants pétroliers lors de leur fabrication est un argument de vente. Nous sommes aussi en contact avec des entreprises agro-alimentaires des Landes » expose le chercheur.

Pourquoi les entreprises ne se rallient-elles pas plus nombreuses aux avantages du gaz carbonique sous pression ? « Les outils de production sont un peu plus chers que les outils actuels et il faut réadapter les pratiques de fabrication. Changer des appareils qui marchent n’est par ailleurs pas évident pour les industriels. C’est pourquoi les équipementiers vendent actuellement surtout aux Chinois qui démarrent de nouvelles activités. Cependant, les choses commencent à changer en Europe. Les règlementations REACH sur l’utilisation des substances chimiques semblent avoir un impact ».

 
  • Pour en savoir plus

Site internet du LGC (Unité mixte de recherche CNRS / INP Toulouse / Université Toulouse III – Paul Sabatier)
Présentation et historique du projet sur le site du LGC


Dates
le 16 décembre 2015

Date de mise à jour 25 janvier 2017


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