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11 déc.

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A la découverte des labos

Stress dans l'enfance, état de santé à l'âge adulte

Actualité

Les conditions de vie pendant l’enfance pourraient impacter fortement l’état de santé à l’âge adulte. C’est ce que suggère une équipe toulousaine dans une recherche publiée par la revue américaine PNAS. Une recherche qui devrait inciter à un renforcement des politiques publiques en direction de l’enfance, estime Cyrille Delpierre, chargé de recherche au laboratoire « Epidémiologie et analyses en santé publique: risques, maladies chroniques et handicaps ».

Cyrille Delpierre - DR

Cyrille Delpierre - DR

Le « social » pénètre notre corps, dites-vous. On est ce que l'on mange, ce que l'on respire, mais aussi notre mode de vie, nos relations aux autres, les stress que nous subissons. Comment peut-on démontrer cet impact du social sur le biologique ?

La recherche que nous avons publiée avec Cristina Barboza-Solis et Michelle Kelly-Irving, permet de mettre à jour une usure physiologique globale des personnes dont la jeunesse a été particulièrement perturbée.
En tirant parti du suivi psycho-social de 7500 Britanniques nés en 1958, interrogés à intervalles réguliers depuis leur naissance et ayant participé à une enquête biomédicale à l'âge de 44 ans, nous avons observé un lien entre les difficultés psychosociales rencontrées pendant la jeunesse (placement en foyer, problèmes familiaux graves,...) et le fonctionnement physiologique, des décennies plus tard.
Ce travail vient compléter des études précédentes qui montraient le lien entre ces mêmes conditions difficiles durant l'enfance et le fait de déclarer un cancer ou de décéder avant l'âge de 50 ans.
J'insiste, il s'agit d'un lien établi à l'échelle d'une population. Cela ne signifie pas qu'une personne donnée, parce qu'elle a eu une jeunesse perturbée, va forcément développer des maladies et/ou mourir précocement.

Par quels mécanismes, les difficultés psycho-sociales rencontrées dans l'enfance aboutissent-elles à ces états de santé dégradés ?

Déterminer les mécanismes à l'œuvre sur ces questions est une tâche complexe. Des travaux de recherche menés aux Pays Bas avaient montré par exemple que les enfants nés pendant la Seconde Guerre Mondiale dans un contexte de famine, risquaient plus que les autres de développer un diabète, et avaient davantage de problèmes cardio-vasculaires.
Plusieurs hypothèses avaient été émises, notamment, que seuls avaient survécu les fœtus capables de se développer avec une très faible énergie. Cette capacité biologique expliquerait qu'en cas d'alimentation normale  ils développent plus souvent des problèmes métaboliques ou de surpoids.
Dans le cas qui nous intéresse, le lien entre stress psychosociaux durant l'enfance et usure physiologique est majoritairement associé chez les hommes, à un faible niveau d'éducation, un patrimoine restreint, et des comportements à risque (notamment le tabagisme) à l'âge adulte. Chez les femmes, cette usure s'accompagne aussi d'un indice de masse corporelle plus élevé.
Mais nous montrons que l'usure physiologique n'est pas uniquement due à un faible statut socio-économique et aux comportements associés. Les stress que les personnes subissent pourraient donc avoir un véritable impact biologique.


Que pourraient faire les politiques ?


Ces travaux sont particulièrement intéressants dans un pays comme la France, où l'espérance de vie est parmi la plus élevée au monde, mais avec des écarts entre groupes sociaux également parmi les plus importants d'Europe. Un ouvrier de 35 ans, par exemple, a une espérance de vie sans incapacité, de dix ans inférieure à celle d'un cadre du même âge.
Oeuvrer pour une amélioration du bien-être des enfants pourrait donc avoir un impact important sur l'état de santé global de la population.


  • Pour en savoir plus

UMR 1027 - Epidémiologie et analyses en santé publique: risques, maladies chroniques et handicaps (Unité mixte de recherche Inserm / Université Toulouse III - Paul Sabatier)
Le communiqué de l'Inserm
 

Dates
le 12 mai 2015

Date de mise à jour 16 novembre 2015


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