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16 déc.

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A la découverte des labos

Travail, stress, exercice physique et nutrition

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Dans une optique de mieux-être, de plus en plus d’entreprises incitent leurs salariés à faire du sport et mieux se nourrir. Le mouvement vient des Etats-Unis où l’obésité est devenue un problème majeur de santé publique et où les sociétés sont financièrement intéressées à maintenir la forme physique de leurs collaborateurs. Mais il ne suffit pas d’installer des salles de sport et de proposer des paniers bio pour arriver à un résultat. Comment promouvoir des pratiques « santé » de manière vraiment efficace ? C’est le thème des recherches d’Alice Falières-Garcia, maître de conférences à l’IUT de Tarbes, du Laboratoire Gouvernance et Contrôle Organisationnel.

Marcher sur un tapis roulant face à son bureau, plutôt que s’asseoir dans un fauteuil. Rédiger mails et documents en pédalant sous la table. Grignoter des pommes bio à la pause... Face aux méfaits avérés de la sédentarité et de la malbouffe, les initiatives se multiplient au sein des organisations pour favoriser une vie professionnelle plus saine. Mais rien ne sert de multiplier les actions santé si l’on ne lutte pas aussi contre le stress, observe Alice Falières-Garcia.

« Le stress au travail peut provenir d’un management déficient, d’un conflit entre les valeurs du salarié et celles de l’entreprise, de difficultés spécifiques à concilier vie professionnelle et personnelle. Dans tous les cas, il contribue à la survenue de troubles alimentaires, freine la pratique sportive et a un impact important en matière de santé », explique-t-elle.

Plusieurs recherches ont montré aussi que les caractéristiques physiques du travail jouaient un rôle dans la manière dont les personnes parvenaient ou non à maîtriser leur alimentation. Les salariés de nuit ou avec des horaires « anti-sociaux », ceux qui multiplient les heures supplémentaires ou dont le travail est particulièrement intense, ont par exemple plus de difficultés à se nourrir de manière saine.

Mesurer l’efficacité des politiques


Alice Falières-Garcia mène en parallèle plusieurs projets de recherche liés à ces thématiques, avec le même objectif : mesurer l’impact sur la santé de leurs employés des interventions des entreprises visant à les encourager à manger mieux et à pratiquer une activité physique régulière. 

La jeune chercheuse effectue ainsi une enquête auprès de personnes en surpoids, afin de mesurer leur intégration professionnelle, la manière dont elles se sentent acceptées ou non, ce qui a des conséquences sur leur bien-être et donc  leur santé.
Dans un contexte différent, elle teste par ailleurs, dans des entreprises de service où les salariés travaillent le plus souvent sans se rencontrer, l’intérêt de proposer des cours collectifs de cuisine ou de sport pour créer du lien social. « Le but est de mesurer les effets de tels dispositifs et de repérer les pratiques de communication et de management qui peuvent éventuellement les encourager, car l’isolement social a un effet très néfaste en matière de santé, il est notamment repéré comme un facteur clé des burn-out », précise-t-elle.

« Proposer des équipements sportifs paraît aller dans le bon sens, mais cela peut avoir des effets pervers, en culpabilisant notamment les personnes en surpoids. De même, mettre en place des tapis roulants devant des bureaux n’est pas sans danger. Il faut mesurer le risque qu’une fatigue physique s’installe progressivement. Il est prouvé qu’une pratique sportive améliore la capacité d’attention, mais il est nécessaire de s’interroger jusqu’à quel niveau », observe-t-elle.

L’intervention des entreprises pour aider les salariés en surpoids n’a de manière générale rien d’évident. Les médecins du travail sont parfois sollicités. Des sociétés font aussi appel à des nutritionnistes pour inciter leurs employés à adopter des régimes appropriés.

« J’étudie l’impact de telles pratiques. Bien sûr, il vaut mieux proposer des corbeilles de fruits que des sucreries lors des pauses ou éviter d’offrir systématiquement de la junk food et des gâteaux lors des occasions sociales. On sait aussi que mettre des douches à disposition facilite la vie de ceux qui envisagent de venir travailler à vélo. Mais au-delà, on est confronté à beaucoup d’incertitudes ».
 

  • Pour aller plus loin
Le site internet du Laboratoire Gouvernance et Contrôle Organisationnel – LGCO (équipe d’accueil Université Toulouse III – Paul Sabatier)

Dates
le 31 mai 2016

Date de mise à jour 25 janvier 2017


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