Contenu

Université de Toulouse Université Toulouse III - Paul Sabatier

Presse Annuaire Recherche avancée
21 mai

Vous êtes ici : Accueil > La recherche

Recherche

Une stratégie vaccinale contre les douleurs inflammatoires

Résultat de recherche

Des chercheurs Inserm de l’Institut de recherche en santé digestive, viennent de montrer qu’il est possible de réduire des douleurs inflammatoires intestinales chez des souris en les vaccinant. Cette stratégie permet de pré-activer des lymphocytes T, leur permettant d’acquérir la capacité à produire des opioïdes et les attirant ensuite sur le site douloureux.

Immuniser contre la douleur : l’idée est pour le moins originale, mais des chercheurs Inserm* montrent qu’elle n’a rien d’une utopie. Ils viennent en effet de prouver, chez des souris, qu’une vaccination peut réduire les douleurs viscérales.

Cette piste remonte à 2011. Des travaux montrent alors que des lymphocytes T activés par un antigèneantigèn bactérien dans un ganglion acquièrent la capacité de produire des opioïdes. Lorsqu’ils migrent vers le site lésé, ils libèrent ces opioïdes localement si l’antigène bactérien est toujours présent. "Lorsque ces lymphocytes T arrivent, la plaie est toujours infectée mais la réponse immunitaireréponse immunitaire adaptative est en place et permet de diminuer la douleur, explique Gilles Dietrich, responsable de ces travaux. La douleur n’est finalement qu’un signal d’alarme qui permet de nous protéger d’agressions et de troubles menaçant notre organisme", rappelle-t-il. Mais il s’agit là d’un processus déclenché par une infection. Qu’en serait-il en cas de douleur inflammatoire ?

Pour répondre à cette question, en 2014, son équipe a étudié le cas des maladies inflammatoires chroniques des intestins. Les chercheurs ont provoqué une inflammation intestinale sévère chez des souris et constaté que l’arrivée de lymphocytes T activés par les microbes intestinaux sur le site lésé concorde avec une diminution de la douleur. De là, ils ont imaginé qu’une stratégie vaccinale permettant d’accélérer l’arrivée de lymphocytes T pré-activés pourrait servir de solution antalgique dans certaines situations.

L’idée développée par Gilles Dietrich et ses collaborateurs est la suivante : stimuler des lymphocytes T grâce à un vaccin permettrait de former un pool de lymphocytes mémoires qui pourraient être rapidement réactivés en injectant les antigènes correspondant au vaccin au niveau du site enflammé. Les lymphocytes T pré-activés arriveraient alors très rapidement et libéreraient leurs opioïdes.

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont vacciné des souris avec le BCG, vaccin utilisé contre mycobacterium tuberculosis, l’agent de la tuberculose. Quelques jours après, ils ont induit une inflammation intestinale à l’aide d’une substance administrée par voie orale à laquelle ils ont ajouté mycobacterium tuberculosis. Alors que les souris contrôles ont attendu plus de cinq jours pour être partiellement soulagées, la douleur de celles vaccinées a diminué très rapidement et très fortement. Les auteurs ont par ailleurs pris soin de vérifier que le recrutement précoce des lymphocytes T n’altérait pas le tissu intestinal et n’augmentait pas les lésions.

S’il est difficilement imaginable de vacciner des individus en prévision d’une douleur hypothétique, cette stratégie pourrait s’appliquer dans des situations bien précises. En cas d’opération programmée pour une anastomose par exemple. "Cette intervention consiste à supprimer un segment d’intestin et provoque une inflammation très importante. Elle nécessite l’administration de morphine pour soulager la douleur. Pourquoi ne pas vérifier le statut vaccinal du patient et injecter des antigènes correspondants à un vaccin déjà administré au niveau du site opéré avant l’intervention, pour attirer les lymphocytes T sur place et permettre une libération locale d’opioïdes ? Si cela fonctionne, cela permettrait de réduire les doses de morphine dont les effets indésirables sont importants en raison de son action centrale", entrevoit Gilles Dietrich.

*unité 1220 Inserm/Inra/Université Toulouse III - Paul Sabatier/Ecole nationale vétérinaire, équipe Interactions neuro-immunes intestinales, Institut de recherche en santé digestive, Toulouse

Pour lire l'intégralité de cet article, voir
le site de l'Inserm.
Dates
le 5 février 2018

Date de mise à jour 5 février 2018


Recherche d'une actualité

Recherche d'une actualité

Université Toulouse III - Paul Sabatier - 118 route de Narbonne 31062 TOULOUSE CEDEX 9 téléphone +33 (0)5 61 55 66 11